06 septembre 2009
Tchad: l'opposition politique
.
.
On pourrait se laisser aller à cette vague impression, qui flotte dans l’air du temps, que le Tchad est un pays sagement gouverné dans lequel de méchants rebelles tentent de temps à autre de prendre le pouvoir par la force.
Au gré de nos précédents messages dans la catégorie « Tchad », nous avons vu que le pouvoir en place n’est peut-être pas seulement bourré de qualités, et que la France n’est pas indifférente à son maintien en place.
Ce qui nous est rappelé aujourd’hui, c’est l’existence de l’opposition politique non pas rebelle et armée, mais politique. Elle a pris la forme de l’UNDR, c'est-à-dire l’Union Nationale pour le Développement et le Renouveau, dont Saleh Kebzabo est le président. Monsieur Saleh Kebzabo est également porte-parole de la CPDC, la coalition des partis politiques d’opposition.
.
On aimerait entendre à la radio et lire dans la presse, en France, un peu plus souvent ce que dit, ce que pense, ce que souhaite cette opposition qui n’est pas identifiable aux rebelles, mais qui ne mérite pas pour autant d’être oubliée, réduite à presque rien, presque néant, par notre discrétion médiatique !
On trouvera ci-après le lien vers un compte-rendu d’interview consacré à monsieur Saleh Kebzabo par La Voix. Dans les propos de monsieur Saleh Kebzabo, il est question de la façon dont l’actuel président semble ne pas dominer suffisamment la multiplicité clanique, il est également question du sort d’Ibni Mahamat Saleh, ou encore de la rébellion tchadienne, enfin du retour au Tchad de monsieur Goukoumi Weddeye.
Pour lire en ligne, cliquer ici.
.
20 juin 2009
Radio France International
.
A l'heure où l'on s'inquiète beaucoup pour savoir si l'Iran va pouvoir communiquer avec le reste du monde, il est bon de penser que la France, elle, possède une voix qui porte sur les ondes: RFI. La France est libre. Elle parle au monde. Et elle n'hésite pas à parler de nombreuses langues étrangères.
Or...
Le syndicat des journalistes de RFI (Radio France International) se bat contre les intentions annoncées de licencier près d'un quart des effectifs permanents, et de mutiler le caractère de multilinguisme de cette radio française. Eva Joly, et aussi de nombreux politiciens, artistes, intellectuels et autres, soutiennent la pétition lancée par le syndicat en question. Rappelons que l'audience de RFI était montée à 46 millions d'auditeurs, plaçant ainsi la France dans le peloton de tête mondial des radios largement entendues par-delà les frontières!
Un lien est donc accueilli ici vers les défenseurs grévistes de RFI. On pourra le retrouver également dans la catégorie "Liens vers quelques sites" de ce blog.
Souhaitons que la France puisse continuer de parler au monde et avec le monde, dans la liberté et avec l'intelligence qui font de l'homme un être humain: capable de parole, capable de langue française, et de langues étrangères.
....
.
18 juin 2009
Désagréable silence !
.
.
(Attention, dans ce message, l’auteur fait semblant à plusieurs reprises
de ne rien comprendre à rien.
C’est un jeu dont il est familier, avec une certaine compétence,
car faire l’idiot le change très peu de ce qu’il est dans la réalité :
un pauvre « sans idées ».
Il ne faut donc pas prendre certains mots, certaines phrases
au pied de la lettre,
mais faire la part de la provocation intellectuelle)
§ § §
Au fait, c’est loin, le Tchad ? On peut y passer le week-end ?
Y-a des piscines ? C’est pittoresque et authentique ?
Ah ben, j’my verrais bien pour une petite période de repos…
(Signé : l’idiot de service).
Vous avez des nouvelles du Tchad ? Moi, non. Enfin, disons que c’est oui et que c’est non, car j’ai entendu parler d’une nouvelle offensive rebelle, mais Dieu soit loué c’est terminé ! Cela s’est passé très vite, cette fois-ci. Qui sont les rebelles ? Pas de nouvelles, à moins d’aller chercher leur presse à eux, en ligne…
Et voilà ! En dehors de ce problème spécifique de la guerre qui oppose le gouvernement tchadien aux rebelles, avez-vous des nouvelles du Tchad ?
Réponse : non ! Et cette fois ce n’est pas « oui et non », c’est « non ».
Les rebelles, bien sûr, si on les écoute, ont pour eux la légitimité démocratique. Bon… Et d’abord, qu’est-ce que ça veut dire ? Vous comprenez, s’il faut prendre cela aussi en compte…
Les rebelles, bien sûr, clament victoire, ou du moins victoire annoncée (et toute proche, disent-ils). Bon… C’est normal, ils font leur travail de rebelles et crient victoire après toute défaite. Alors, s’il faut prendre cela aussi en compte…
Alors, finalement, ces nouvelles du Tchad ?
Eh bien, disons que le Tchad ne doit intéresser personne. Quel silence ! Il faut attendre un affrontement, des morts, et là on en parle (et encore !). Mais le pays n’a pas d’existence au titre de la vie ordinaire, de la vie tout court. Les médias, en gros, n’ont pas l’air d’avoir un ami, un cousin, un correspondant là-bas : c’est trop loin, sans doute !
Et la France dans tout ça ? Oh, elle a aidé le pouvoir en place contre les rebelles. (Voir messages précédents dans ce blog, catégorie « Tchad »). C'est en tout cas ce que déclare* l'opposition politique, à ne pas confondre avec les rebelles, toute assimilation ou réduction étant par nature sujette à examen et à vérification.
C’est tout ?
Oui, c’est tout.
Point.
Eh bien, moi, je vais vous en donner une nouvelle : tout ce silence, ça m’indispose, et je me fais vraiment des cheveux blancs, et du souci, et du mauvais sang, et même si vous voulez savoir je me fais de la bile pour mes frères humains du Tchad. Les tchadiens, ceux des villes et des villages, ceux qui souffrent et ceux qui ne souffrent pas, ceux qui travaillent de leurs mains et ceux qui étudient, ceux qui détestent la France et ceux qui l’aiment…
Et en attendant : un tel silence, vous ne trouvez pas que c’est malsain ?
Frère, sœur dont on ne parle guère, sois le bienvenu : je n'oublie pas de penser à toi derrière chaque nouvelle médiatique, spectaculaire qui d’une certaine façon t’oublie. Et plus souvent encore je pense à toi derrière chaque absence de nouvelles, chaque silence ! Mon frère… Ma sœur !
.
*Pour lire les propos en question,
ouvrir le lien ci-après et dans la page qui s'affiche,
descendre un peu pour trouver l'un des articles
datés 17 juin 2009: "C'est grâce aux militaires...".
Il suffira ensuite d'ouvrir le document en PDF.
C'est ici que se trouve la première page à ouvrir.
.
.




